Discours de Monsieur le Maire lors de l'hommage à Samuel Paty et pour la liberté d'expression

 
 
Mesdames et Messieurs, chers Orgevalais, chers amis,
Cet homme s’appelait Samuel Paty.
Cet homme prenait son métier d’enseignant au sérieux.
Cet homme savait que quand les messages de liberté, de dialogue, de saine curiosité sont passés aux plus jeunes et compris, ils imprègnent les esprits de nos enfants qui, devenus adultes, transmettront cet esprit de tolérance et de liberté.
Cet homme respectait la sensibilité de ses élèves qui avaient le droit de sortir, de le critiquer, d’exprimer un désaccord.
Samuel Paty était un enseignant, un père de famille, un passeur, un passionné,
Samuel Paty était un homme simplement courageux, simplement convaincu, simplement fidèle aux idéaux de la République,
Samuel Paty était un homme
Il a été assassine bestialement mais il est mort en homme.
Je vous remercie de respecter une minute de silence à la mémoire de Samuel, à la mémoire de cet homme.
N’ayez pas peur, n’ayons pas peur !
Lutter contre le terrorisme c’est lutter contre nos peurs, contre une forme de paralysie qui nous fige et nous sidère.
Votre présence ici ce soir est LA bonne réponse. Nous sommes ENSEMBLE, nous sommes SOLIDAIRES et nous affirmons notre volonté de vivre selon nos valeurs, d’éduquer nos enfants selon nos valeurs, d’user et d’abuser de la liberté d’expression selon nos valeurs.
Le terrorisme n’est pas un mouvement politique.
Pas de parti, pas de chef, pas d’élections, pas de programme.
Juste une barbarie absolue destinée à nous faire suffisamment peur pour nous amener à nous diviser et à nous déchirer.
Que faire maintenant ?
D’abord et avant tout nous associer à la douleur des victimes. Samuel Paty avait une famille, des enfants, des collègues, des voisins et amis qui ne comprennent pas. Pourquoi lui ? Comment expliquer et mettre des mots ?
Votre soutien, votre message fort de ce soir prouve que nous sommes tous solidaires.
Je veux ce soir affirmer le soutien des Orgevalais à nos amis et voisins de Conflans-Sainte-Honorine.
Nous partageons votre douleur.
Que faire encore ?
Nous sommes à l’école. Alors je voudrais mettre au Tableau d’honneur nos soldats de la laïcité. Nous avons nos héros anonymes, héros du quotidien qui sont confrontés chaque jour au risque de dérive de la laïcité. Vous tous, enseignants, gendarmes, policiers municipaux, agents de la fonction publique, médecins, infirmiers, pompiers, vous savez combien il est parfois difficile de vivre ensemble.
Vivre ensemble c’est écouter, discuter, respecter les opinions de chacun mais c’est aussi savoir rester fidèle à ses valeurs et aux idéaux de la République.
Mais discuter tout en restant fidèle à ses valeurs c’est parfois compliqué. On peut se sentir seul, le doute peut s’insinuer.
Est-ce que je critique trop ?
Est-ce que je stigmatise ?
Est-ce que je suis juste ?
Ces hésitations vous honorent.
Mais quand les insultes fusent, quand les camions de pompiers sont caillassés, quand les policiers sont pris à partie et que chaque jour un peu plus, des vies sont en danger, il n’y a plus lieu d’hésiter.
Il faut dire non !
 
Facile à dire, difficile à vivre.
C’est pourquoi mon message de ce soir se veut explicite et simple
Donc, que faire enfin ?
Affirmer, tous ensemble nos valeurs et revendiquer, tous ensemble, nos libertés fondamentales.
Vous tous agents, fonctionnaires, enseignants, vous n’êtes pas tout seul.
Je pense ce soir particulièrement à toute la communauté éducative. Vous êtes chaque jour le référent de nos enfants, le modèle, la figure rassurante de l’adulte et du savoir.
Nous vous confions ce que nous avons de plus précieux et en plus d’apprendre à lire et à compter vous leur inculquez la vie en société, la laïcité, l’esprit critique.
C’est ça qui dérange !
C’est le contre modèle absolu du fanatisme et de l’obscurantisme.
Alors nous tous vous disons merci, vous disons que vous n’êtes pas seuls, vous disons que même si les prises de conscience sont lentes et imparfaites vous pouvez compter sur nous et sur tous vos élus.
Toucher à l’école, c’est s’attaquer au socle de notre société.
Ce sont nos valeurs de liberté et d’épanouissement qui sont visées. Alors,
Orgeval affirme le droit absolu à la liberté et le devoir de laïcité,
Orgeval affirme le droit à la critique, au blasphème, à la caricature,
Orgeval affirme le droit à la liberté d’expression.
Mesdames et Messieurs, je vous propose de terminer en chantant ensemble la Marseillaise.

 

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